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Look and go further

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Alors que j’écoutais un podcast de l’émission radio “Boomerang” du 1er octobre dernier (1), l’animateur demande à l’invité du jour Wajdi Mouawad (Directeur du Théâtre de la colline à Paris),  « Qu’est-ce qu’on risque à regarder ? ». Celui-ci répond « On risque de rester coincé dans un temps ».

Avec mon métier, forcément, me voilà immédiatement interpellée : il y a ce que l’on voit au dehors, ce que l’on choisit de regarder. Et il y a aussi ce que l’on regarde au-dedans. Et dans tout cela, ce sur quoi, consciemment ou pas, on choisit de s’apensentir, d’insister, de décortiquer même parfois.

Si l’on peut être littéralement pétrifié par quelque chose, y compris le regard de l’autre, nous pouvons aussi, nous, pétrifier l’autre par notre regard. Chacun tour à tour Gorgone, ou pétrifié… Les yeux des autres sont si souvent objets pour nous d’énigmes et parfois nous croyons y déceler quelque chose qui nous concerne, et que nous interprétons. Nous ramenons souvent ce que nous voyons à des choses qui nous appartiennent. L’aviez-vous déjà remarqué ?

Parfois aussi on s’est sentis “vus”, et pas seulement regardés ou décortiqués. C’est en acceptant de voir quelque chose via quelqu’un d’autre que nous récupérons parfois un morceau de nous, quelque chose de bien que l’on ose pas s’offrir à soi, que l’on arrive pas à se donner. Un regard peut être source de bien des transformations, d’interrogations, d’histoires imaginées : une sorte de matière que l’on malaxe dans nos têtes et qui nous donne à réfléchir… Nous l’avons tous expérimenté.

Concernant ce que l’on regarde au dedans,  c’est peut-être là où c’est le plus problématique de “rester coincé”, pour reprendre les mots de Wajdi Mouawad.

Alors, j’ai envie de vous proposer cette question : que regardez-vous, y compris à l’intérieur ?

Maya Angelou disait qu’il faut faire attention aux mots, aux pensées que l’on met dans notre tête car ils influent sur notre quotidien…

Vous arrive-t-il parfois d’être attrapé(e) dans un temps et un espace qui ne sont pas celui du présent et qui d’une certaine manière vous «pétrifient » ?

Dans le célèbre mythe grec d’Oedipe par Sophocle (2), Oedipe n’est pas pétrifié, il n’est pas victime de la Gorgone. Il a fait face à la Sphinx, autre personnage mythique allégorie de l’énigme. La pièce démarre à feu et à sang, la peste est partout à Thèbes. Pourtant Oedipe a vaincu la Sphyn. C’est grâce à cette victoire qu’il a pu épouser Jocaste et devenir roi, lui le promeneur qui à l’origine ne faisait que passer. Alors il démarre une enquête pour comprendre, qui se transforme en une recherche sur ses origines… Il a des yeux mais il ne voit rien. Et il est sourd quand Tiresias le sage devin lui dit qu’il n’a qu’à bien regarder pour voir – entendez pour comprendre, pour toucher à l’essentiel. C’est drôle car Tiresias est aveugle!

Ainsi ce ne sont pas les yeux qui font que l’on peut voir, mais l’intention avec laquelle nous regardons. Nous sommes tous à notre manière des Oedipe en quête de mieux comprendre le monde. Oui il n’est pas toujours facile d’oser regarder pour voir ce qu’il y a à voir mais alors on se prive aussi de découvrir la bonne nouvelle qui se cache dans le flou. Or l’espoir est permis et il y a toujours des découvertes à rencontrer – que l’on regarde dedans ou au dehors.

Je crois que c’est ce que le coaching en développement personnel propose et permet : un temps et un espace dédiés pour regarder. regarder, c’est s’offrir une chance de voir. Et lorsqu’on voit mieux, je crois qu’on vit mieux et qu’on peut mieux avancer.

Alors je voudrais vous inviter à regarder cet espace du dedans avec douceur, avec une attention bienveillante pour vous-même, pour le monde, pour éviter cette pétrification.  Pour éviter que quelque chose qui est révolu, qui n’est plus vous ou pas vous peut-être, vous bloque et vous laisse coincer dans un endroit qui n’existe plus.

Et je vous invite à voir si adopter cet autre regard change quoi que ce soit…

Et je vous invite à la place de regarder quelque chose à l’intérieur de vous, de vous laisser être, simplement être. Etre respiré, de vous laisser vivre et ressentir – chose que vous ne pouvez faire qu’au présent, ici et maintenant – au risque cette fois de vous dégluer du passé, d’être complètement ce que vous êtes aujourd’hui. Eh oui, parfois nous avons moins l’habitude de cela! Plutôt que de rester collés avec ce que nous pensons que nous étions avant, ou que nous devrions être, tenter l’aventure du présent, de cet instant qui à peine ai-je dit le mot ‘instant’ est déjà passé. Comme une façon de s’ancrer dans ce qui nous arrive concrètement maintenant, libéré de tout ce qui, concrètement vraiment, n’est plus.

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Peut-être, alors, puis-je vous proposer un peu des deux : un peu de « regarder » – car c’est aussi lorsqu’on regarde attentivement et si l’on peut avec douceur et sans jugement- que l’on peut voir & un peu de « ressentir »  pour sortir de la pétrification et éviter de rester coincé-là. C’est peut-être en acceptant de ressentir ce qui a priori va nous pétrifier (du moins le croit-on souvent) que nous pouvons rester en mouvement et donc avancer. Au-délà de la position de Gorgone et de celle du pétrifié, il y a d’autres possibles.

Dans « envie » il y a “vie”. Alors,  qu’avez-vous en-vie de regarder ?

Notes

(1) “Boomerang” , émission radio du 01/10/18,  “Wajdi Mouawad vous regarde”, animée par Augustin Trapenard, sur France Inter – Podcast ici .

(2) Sophocle, “Oedipe Roi” dans Tragédies, Folio classique, 1973, Trad. Paul Mazon.

Image de la gorgone : “Méduse” par Le Caravage, huile sur toile, vers 1595-96, Musée des Offices,  Florence, Italie.

Dessin – “Dans le vague”,  Laurette Cot.

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